Les personnages de série commençant par la lettre B forment un catalogue dense, qui traverse les genres, les époques de diffusion et les formats narratifs. Nous avons retenu dix figures dont l’écriture, l’arc dramatique ou l’impact culturel justifient qu’on s’y attarde au-delà d’une simple mention alphabétique.
1. Batman (Bruce Wayne) – DC Comics
Batman est le personnage de fiction en B le plus adapté de l’histoire du petit écran. Du feuilleton camp d’Adam West aux versions animées de Kevin Conroy, puis aux déclinaisons live avec Christian Bale et Robert Pattinson, chaque itération télévisuelle et cinématographique redéfinit le vigilante de Gotham. Sa première apparition remonte à Detective Comics #27 en 1939, mais c’est la série animée des années 1990 qui a fixé le standard narratif pour les adaptations adultes de comics.
L’intérêt de Bruce Wayne en série tient à sa double identité exploitée comme moteur dramatique. Là où le cinéma compresse cette tension en deux heures, un format sériel permet de creuser la psychologie du milliardaire traumatisé sur plusieurs saisons. La série Gotham, centrée sur ses années de formation, a poussé ce principe jusqu’à faire de Batman un personnage absent de son propre récit pendant la majeure partie de la diffusion.
Parmi les personnages de série en b à découvrir, Batman reste celui dont l’empreinte sur la culture populaire est la plus large, du comics au jeu vidéo en passant par les séries animées et live-action.
2. Bart Simpson (Les Simpson)
Bart Simpson incarne le prototype de l’enfant perturbateur dans la fiction animée. Créé par Matt Groening, il fonctionne à la fois comme ressort comique et comme miroir critique de la famille américaine moyenne. Son influence sur les séries animées adultes est directe : sans Bart, la tonalité satirique de séries ultérieures n’aurait pas trouvé le même public.
Ce qui distingue Bart des autres personnages enfants, c’est sa stagnation volontaire. Contrairement aux héros de séries feuilletonnantes, il ne vieillit pas, ne tire aucune leçon durable de ses mésaventures. Cette écriture circulaire est devenue un modèle pour la sitcom animée.
3. Benedict Bridgerton (La Chronique des Bridgerton)
Benedict Bridgerton est passé du statut de personnage secondaire à celui de protagoniste central avec la saison 4 de la série Netflix. Longtemps cantonné au rôle du frère artiste et libre, il bénéficie désormais d’un arc romantique complet qui renouvelle l’intérêt de la saga familiale.
La série a été renouvelée pour les saisons 5 et 6, confirmant que l’univers Bridgerton continuera d’explorer ses personnages en B bien au-delà de ce que les romans de Julia Quinn proposaient. Le cas de Benedict illustre aussi la capacité de Netflix à transformer un second rôle en produit d’appel saisonnier.

4. Bugs Bunny (Looney Tunes)
Bugs Bunny dépasse le cadre du dessin animé pour enfants. Sa rhétorique, son calme face à l’adversité et sa capacité à retourner toute situation en sa faveur en font un archétype narratif repris dans des dizaines de séries postérieures. En termes d’écriture, Bugs est un trickster au sens mythologique du terme.
Son passage en série télévisée a traversé plusieurs décennies sans perdre en pertinence. Chaque nouvelle itération (The Looney Tunes Show, Looney Tunes Cartoons) ajuste le ton sans trahir le noyau du personnage, ce qui est rare pour une franchise aussi ancienne.
5. Bulma (Dragon Ball)
Bulma est le premier personnage que le spectateur rencontre dans Dragon Ball. Scientifique, inventrice, c’est elle qui lance l’intrigue en cherchant les boules de cristal. Son rôle évolue de protagoniste active à pilier stratégique de l’univers, épouse de Vegeta et mère de Trunks.
Dans le paysage de l’anime, Bulma représente un cas rare de personnage féminin dont la compétence technique surpasse celle de la plupart des combattants. Elle conçoit des machines à remonter le temps, des radars et des vaisseaux spatiaux, ce qui en fait un moteur scénaristique discret mais constant.
6. Belle (La Belle et la Bête – Disney)
Belle se distingue des princesses Disney classiques par son appétit intellectuel. C’est le premier personnage féminin Disney dont la motivation principale n’est ni le mariage ni le sauvetage, mais la curiosité. Sa transposition en série animée dans les années 1990 a étendu cet aspect en multipliant les épisodes centrés sur la résolution de problèmes.
L’héritage de Belle dans les séries récentes se retrouve dans la construction de personnages féminins lecteurs, chercheurs ou créateurs, un archétype devenu standard dans l’animation contemporaine.
7. Bilbo Baggins (Le Hobbit – Tolkien)
Bilbo Baggins est le hobbit qui a rendu la fantasy accessible au grand public. Son adaptation télévisuelle et cinématographique repose sur un principe simple : un personnage ordinaire plongé dans un monde qui le dépasse. Ce schéma a été reproduit dans des dizaines de séries fantasy depuis.
Le Bilbo de Tolkien fonctionne parce qu’il refuse l’héroïsme conventionnel. Il négocie, esquive, utilise la ruse. Cette approche narrative a directement influencé la manière dont les séries contemporaines construisent leurs protagonistes réticents.
8. Bowser (Super Mario)
Bowser est le grand antagoniste de la franchise Mario, mais ses apparitions dans les séries animées et les films récents lui ont donné une épaisseur comique inattendue. Le film Super Mario Bros. a transformé le roi Koopa en personnage attachant, capable de chanter ses tourments amoureux.
En tant que villain récurrent, Bowser illustre un principe d’écriture sérielle :
- Un antagoniste prévisible dans ses objectifs (enlever Peach, conquérir le royaume) mais surprenant dans ses méthodes
- Une capacité à générer de l’empathie malgré son statut de méchant
- Une plasticité tonale qui lui permet de passer du registre menaçant au registre burlesque sans rupture de cohérence
9. Boruto Uzumaki (Boruto)
Boruto porte le poids narratif d’être le fils de Naruto, personnage parmi les plus populaires de l’histoire de l’anime. Son arc repose sur le rejet de l’héritage paternel, un ressort classique mais exécuté avec une progression lente qui distingue la série de son prédécesseur.
La série Boruto: Naruto Next Generations a divisé le public, mais le personnage lui-même gagne en complexité à mesure que l’intrigue s’assombrit. Il passe du fils prodige arrogant à un adolescent confronté à des choix moraux que Naruto n’a jamais eu à affronter à son âge.
10. Ben Tennyson (Ben 10)
Ben 10 repose sur un concept limpide : un garçon trouve une montre extraterrestre qui lui permet de se transformer en dix créatures aliens. Ce pitch a généré plusieurs séries, chacune faisant vieillir le personnage et complexifiant les enjeux.
- Ben 10 original : aventure enfantine, découverte des pouvoirs
- Ben 10: Alien Force : adolescence, responsabilité, nouveaux aliens
- Ben 10: Ultimate Alien : conséquences politiques des transformations
La force de Ben Tennyson tient à cette progression rare dans l’animation occidentale. Le personnage grandit littéralement avec son public, un choix d’écriture qui explique la longévité de la franchise.
Ces dix personnages couvrent des registres très différents, du vigilante sombre au héros enfantin, de la scientifique de génie au trickster animé. Leur point commun reste une écriture suffisamment solide pour survivre à plusieurs décennies d’adaptations et de réinventions.



